On inaugure une nouvelle rubrique : la présentation de brasseries !
Cap aujourd’hui vers le Nord-Est, avec la toute jeune brasserie Galibot.

Galibot, ce nom ne vous dit peut-être rien, et pour cause : il s’agit d’une nouvelle brasserie créée en 2019, née de la fusion entre Tom & Charly et Schoenecker Braü.

Installés sur d’anciennes terres de l’industrie minière du côté de Forbach, à quelques centaines de mètres à peine de la frontière allemande, les 4 « Galiboys » derrière ce beau projet assument pleinement leurs racines.

La brasserie nous promet des bières « authentiques, fraîches comme l’ombrage de nos forêts, riches comme l’est notre sol, et, voisinage oblige, dotées d’un soupçon de caractère allemand. »

Et qui dit caractère allemand, dit fermentation basse ! C’est en effet l’une des particularités de la brasserie. À l’heure où la plupart des brasseries crafts proposent de la fermentation haute (bières de type ales), Galibot prend le contrepied, avec une grande majorité de bières typées lager, en fermentation basse. On reviendra d’ailleurs sur ce point dans l’interview un peu plus bas.

La gamme

La brasserie propose deux gammes distinctes, aux tarifs très abordables (3€ la bouteille 33 cl, tarif dégressif) :

La gamme annuelle, composée de 4 références

  • Blonde, de type Helles, dans la pure tradition de la fermentation basse, aux arômes de malt, une faible amertume et une finale miellée.
  • Blanche, de type Hefeweizen, brassée dans la tradition bavaroise, de couleur orange opaque, aux arômes de banane mûre et de clou de girofle.
  • Ambrée, de type Vienna Lager, aux parfums de malt, biscuit, caramel et une pointe de fleurs blanches
  • IPA (hé oui, même en se spécialisant dans la fermentation basse, il est compliqué de ne pas proposer d’IPA tant la demande est importante). Amertume, fruits exotiques, agrumes, finale résineuse, on retrouve ici les grands marqueurs de ce style.

La gamme craft, en séries limitées, qui évoluent au fil de l’année

  • La Pils de Schoeneck. Réalisée avec une eau douce qui révèle l’arôme floral des houblons. Amertume subtile et final toasté.
  • La Bière de Pain. Comme son nom l’indique, elle est brassée avec plusieurs kilos de pain de seigle, que l’on retrouve en dégustation. 
  • La Princesse Inca. Nous en étions tombés sous le charme l’été dernier, lorsqu’il s’agissait encore d’une Session IPA. Aujourd’hui, elle a évolué puisqu’il s’agit d’une India Pale Lager (toujours brassée avec du maïs violet que l’on trouve dans la préparation de la Chicha Morada).
  • La Fille du Feu. De type Rauchbier, aux incroyables et envoûtants parfums de lard fumé, de malt et de caramel.
  • L’Ère Glaciaire. Une base généreuse de Doppelbock, portée à température négative pendant plusieurs jours pour obtenir une Eisbock, concentrée en saveurs maltées et toastées.

L’interview

Quelques questions posées à Thomas Platz, co-fondateur de la brasserie.

• Pourquoi le nom « Galibot » ? 
Galibot est le nom qui était donné aux jeunes hommes employés aux travaux souterrains dans les mines de charbon. Notre brasserie en porte son savoir-faire et ses valeurs : l’attachement à ses terres et au travail bien fait. 
 
• Combien y’a-t-il de membres dans l’équipe ? Possible de présenter rapidement le rôle de chacun ?
Il y a 4 personnes dans l’équipe Galibot à savoir :
 
Charly
À 30 ans, Charly est le gestionnaire de la bande. Il a toujours rêvé de “devenir druide quand il sera grand”. C’est en créant la brasserie Tom & Charly avec Thomas qu’il réalise son rêve il y a près de 10 ans.
C’est un véritable baroudeur, mais à ses heures perdues, ce qu’il affectionne le plus c’est enseigner le nom des différentes variétés de houblon à son fils !
Dans la brasserie il est en charge de la gestion administrative et financière.
 
Alex
Du haut de ses 35 ans, passionné et méticuleux, c’est dans les Lagers de tous horizons qu’il exprime toute sa créativité. Personnage d’une rigueur implacable : rock, fun, et maitrise sont ses maitres mots. C’est dans une équipe ultra motivée de Galibots (ou Galiboys pour les intimes) qu’il laissera s’exprimer ses atouts.
Dans la brasserie il est en charge de la production et de la commercialisation.
 
Tom
À 30 ans aujourd’hui, blindé d’ambition et engagé, c’est en tombant dans une marmite de bière au Québec qu’il a découvert son amour pour le houblon. Fidèle acolyte de Charly depuis presque 15 ans, il affectionne la musique, les voyages et la vie en général. C’est avec sa motivation et son mental d’acier qu’il portera sans cesse la brasserie Galibot vers le haut.
Dans la brasserie, il est en charge des aspects techniques et de la commercialisation. 
 
Bruno
C’est le Community manager de la bande. J’ai pas de texte rigolo sur lui mais je te laisse libre expression à son sujet 🙂
NDLR : J’ai rencontré Bruno il y a quelques années sur un projet cocktail (il est vidéaste). Je n’ai pas non plus de texte rigolo sur lui mais il est super cool et fait du taff de haute volée. On comprend mieux pourquoi les visuels et la com’ Galibot sont si soignés !
 
• Vous brassez beaucoup de bières à fermentation basse (lager). Pourquoi ce choix, à l’heure où la plupart des brasseries travaillent en fermentation haute ? 
Dans la fermentation basse ce que nous recherchons c’est la précision sur les arômes et le respect du produit. En effet les Lagers restituent les parfums de leurs ingrédients de façon la plus fidèle en ayant une phase de garde plus importante. C’est une façon de remettre en avant ce style avec notre propre signature et de se démarquer des autres brasseries.
 
• Comment vous vient l’inspiration de vos recettes ?
C’est un mélange entre tradition (respect du style), terroir (intégrations de produits, personnes, ou d’identité locale) et parfois d’inspiration de voyages (Princess Inca). Le terrain de jeu est vaste et les possibilités infinies, de quoi tous nous satisfaire. 
 
• Vous avez lancé un système de drive pendant le confinement puis une boutique en ligne. Les consommateurs étaient au rendez-vous ?
Nous avons participé à un drive fermier que la chambre d’agriculture de Moselle à mis en place et en vue de la forte demande nous avons également décidé de proposer à nos consommateurs une boutique en ligne via notre site internet avec possibilité de livraison partout en France ou à venir récupérer à la brasserie directement.  
Nous tenions encore une fois remercier chaleureusement les gens car cela nous a fait plaisir de se sentir soutenus, et encore plus quand les retours sont positifs.
 
• Combien de prototypes sont nécessaires avant de lancer un brassin en plus grande quantité ? 
Actuellement nous travaillons sur plusieurs systèmes de brassage, nos bières “grand public” sont brassées en 40hl, les bières spéciales en 20hl, et nos essais sur 4hl. Cela peut prendre du temps pour arriver à ce que l’on recherche précisément. Sur la Pils nous en sommes par exemple à la v9. Certains produits évolueront tout le long de leur vie comme notre Eisbock, bière que nous brassons une fois par an (produit millésimé, attention!), dont la recette (ingrédients, % de congélation, garde…) change à chaque fois.
 
• Quelle est votre bière Galibot préférée ? 
Charly : Fille du Feu ! Passionné par les flammes depuis tout petit, à défaut d’être pompier ou pyromane, c’est mon exutoire ! Son odeur et son goût rappelant le jambon fumé me ramènent également à mon expression préférée: “Le gras c’est la vie!”.
Alex : Helles et Princesse Inca 
Tom : Princesse Inca, surprenante couleur, légère et complexe à la fois elle invite a voyager. Et la bière de Pain : le fait de recycler des restes de pains pour en faire une bière, la boucle est bouclée. 
 
• Laquelle recommanderiez-vous à quelqu’un qui découvre la bière craft ? Et pour un beergeek en soif de découverte ? 
Pour démarrer, notre gamme Craft est le meilleur moyen: accessibilité tout en restant complexes et interessantes.
Chez Galibot nous avons une devise: nos bières doivent être “pintables”. Pour le geek, la Princesse Inca, une IPL (India Pale LAGER!) brassée à partir de maïs violet: voyage garanti pour une buvabilité maximum.
 
• Quel est votre dernier coup de coeur brassicole ? (issu d’une autre brasserie que Galibot) 
CharlyEncore et toujours: Rulles Estivale, à boire sans soif!
AlexFreekaboo de chez Débauche
Tom : Petite Princesse, bière de Table de chez Thiriez. 
 
• Des nouvelles sorties à prévoir cet été ? Un petit scoop pour Quaff ? 🙂 
Une délicieuse maibock généreusement houblonnée à froid, en quantité ultra limitée et à la pression seulement! 
Le reste viendra à la rentrée, du fruit et de l’acidité, mais également du noir, et cela toujours en fermentation basse!

 

 
• Autre chose à ajouter ?
Rendez-vous au mois d’Octobre à la fête des brasseurs à Nancy, à Amiens met la pression et très bientôt dans notre Biergarten.

La dégustation

Nous avons sélectionné trois bières pour une dégustation et mieux vous faire découvrir la brasserie. On va tout de même essayer de faire court pour ne pas vous endormir !

Pils de Schoeneck – Pilsner – 5%

Si je n’ai jamais présenté de bière Pils sur le site, c’est simplement parce que je n’aime pas ça. En fait, je me suis rendu compte que je n’aimais pas les Pils parce que je n’avais jamais eu l’occasion d’en boire des bonnes.

Cette Pils de Schoeneck m’a en effet ouvert les yeux : les Galiboys ont réussi à me faire apprécier une Pils. C’était pas gagné !

Les parfums floraux issues de la levure et des houblons sont les marqueurs forts de la recette. Les céréales, typiques du style, sont bien là également, légèrement toastées en fin de bouche. La texture est sèche et rafraichissante. Une vraie bière de soif à savourer cet été. À milles lieues des pils industrialisées que tout le monde connait.

Princesse Inca – India Pale Lager – 5,1%

Nous l’avions déjà dégustée lorsqu’elle était encore brassée par Tom & Charly. À l’époque, c’était une Session IPA. Aujourd’hui, la donne a changé, puisqu’il s’agit d’une India Pale Lager (toujours brassée avec du maïs violet). Comme attendu, le résultat est plus fin et subtil que la version précédente. Très équilibrée, elle est peu sucrée mais développe une certaine épaisseur bien agréable.

Le maïs violet apparait rapidement, avant d’évoluer vers une finale qui rappelle des parfums de haricot rouge.

L’amertume est légère, toute en élégance. Une bière qui se savoure comme un vin, en découvrant petit à petit ses différentes facettes.

La Fille du Feu – Rauchbier – 5,2%

Pas la plus déjantée sur le papier, et pourtant, quelle claque ! De loin ma dégustation la plus originale depuis un moment… Le genre de bières qui marquent et qui restent longtemps en mémoire.

Le nez est très puissant : ça hume le bacon fumé comme si l’on sniffait le cul d’un cochon à la broche. C’est complètement fou : ce n’est pas seulement l’odeur de malt fumé qui apparait, c’est vraiment l’odeur du lard ou d’un jambonneau braisé.

En bouche, même histoire : ça envoie des parfums de bacon fumé au bois de hêtre, avec de belles notes maltées et légèrement caramélisées. La finale davantage sur le boeuf grillé. Pas très sucrée mais suffisamment pour rappeler le goût de sauce barbecue.

En accord avec une belle pièce de viande, ça doit être merveilleux.

Note : 95/100

Vous l’aurez compris, j’ai été conquis par le parti-pris de la fermentation basse. Moi qui suis habituellement très fan d’IPA ou de Stouts, j’ai entièrement trouvé mon compte avec ces bières qui sortent complètement de mes dégustations habituelles.

Une vraie brasserie de passionnés, qui gagne à être connue !

Code Promo !

Petit cadeau de dernière minute : ce n’était pas prévu, mais la brasserie m’a proposé de vous faire bénéficier d’un généreux code promo de 15% valable tout le mois de juillet sur la boutique en ligne avec le code QUAFF15 !
De quoi se faire plaisir et découvrir toute la gamme pour pas cher (et de faire un stock de « la Fille du Feu » pour vos barbecues cet été. Franchement elle est complètement folle !)

Où trouver les bières Galibot ?

Brasserie Galibot
4 Rue Jules Verne – Forbach, Grand Est, France
Boutique en ligne
Liste des revendeurs